objet / objet d’art

mardi 15 février 2011
par  P. Robert

Question épineuse, qui traverse tout l’art moderne : qu’est-ce qui fait qu’un objet s’appellera d’art ?

Cette question, formulée selon les termes du programme de 6e, invite à questionner le statut de l’objet : artistique, décoratif, usuel, publicitaire, symbolique, etc. Le programme précise : "explorer les lieux de présentation (exposition, installation, intégration) et de traitement (cadre, socle)" de l’objet.


Il s’agissait du premier travail d’infographie, destiné à amener la maîtrise des fonctions de sélection et de copier-coller. Chacun est parti de la même image de base (le tabouret de la salle d’arts plastiques) pour inventer sur cette demande : "comment transformer cet objet en objet d’art ?". Lors de la phase de comparaison des travaux, le tri des réalisations a fait apparaître trois grandes familles de démarches.

- 1/ transformer l’objet lui-même, agir sur ses propres qualités et ses caractéristiques pour lui en faire acquérir d’autres (de beauté, d’étrangeté, de richesse, etc).

Arthur Canavelis-Vasco Claire Hélaine

- 2/ placer l’objet dans un contexte qui amènerait de nouvelles associations d’idées. On atténue d’un côté son fonctionnement usuel de tabouret pour mieux faire apparaître ou développer sa charge de poésie, d’étrangeté, d’évocation, grâce à ce qui l’entoure.

Alyson Hollant Lucas Petton Aurélien Sarrat Alexandre Attard Elisa Lehaut Lucas Girodet Manon Flebus Maxime Leblanc

- 3/ doter l’objet d’un fonctionnement ou d’un usage de type artistique. Des usages sociaux pré-existent, et font que l’art obéit à des conventions. Par exemple, on trouve de l’art au musée, encadré, lors d’expositions, avec une signature ou un cartel, etc. Le jeu consiste alors pour l’artiste à exploiter ou à "secouer" ces usages.

Agathe Gandon Chloé Perdereau Flora Bertolino Léonore Legrand Solene Dougdag


Puis nous avons appliqué ces réflexions à différentes œuvres ; nous les avons comparées grâce aux trois démarches que nous venions de repérer. Les voici à nouveau, afin d’aider à les mémoriser.

Nous avons évoqué la première démarche à propos du trône retrouvé dans la tombe de Toutankhamon (vers -1350 av. JC ; Musée Égyptien du Caire) et pour la Barcelona Chair créée en 1929 par Mies Van Der Rohe : on est bien dans une situation où les qualités spécifiques de l’objet visent à lui donner le statut d’œuvre d’art. Nous avons évoqué la troisième démarche à propos de la Fontaine de Marcel Duchamp (1917 ; Musée National d’Art Moderne) : elle est un exemple de la mise en évidence des usages de l’art par leur retournement.

trône toutankhamon 18e dynastie mies van der rohe 1929 duchamp fontaine 1917 mnam


Petit jeu : reliez les œuvres ci-dessous à une (ou plusieurs !) des démarches évoquées en classe. Les mélanges sont évidemment possible. Ainsi, il est probable qu’une œuvre contenant des références à l’art déjà existant mêle des caractéristiques de la 2e famille de solutions à d’autres issues de la 3e famille.

picasso tête de taureau 1942 Tête de taureau, de Pablo Picasso, 1942 (Musée Picasso)

arman Long Term Parking jouy en josas 1982 Long Term Parking, de Arman, 1982 (Fondation Cartier, Jouy-en-Josas)

Orozco l'île dans l'île 1993 l’île dans l’île, installation éphémère de Gabriel Orozco, 1993

Tony Cragg autoportrait 1981 Autoportrait, de Tony Cragg, 1981.