abstrait ou figuratif ?

mardi 1er novembre 2011
par  P. Robert

En 1890, Maurice Denis publie cette phrase devenue célèbre : "Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées". L’affirmation qu’il existe une tension entre ce qui est figuré et ce qui est concrètement présenté va porter une grande partie des recherches plastiques durant la première moitié du XXe Siècle.

Et puisque cette tension existe, alors on peut jouer avec, notamment en cherchant comment forcer le spectateur à osciller le plus possible entre ses deux pôles... Comment faire, lorsqu’on veut à la fois maintenir une figuration et forcer le spectateur à prêter davantage attention aux spécificités plastiques de ces fameuses "couleurs en un certain ordre assemblées" ?

Chaque classe s’est donnée un paysage différent comme prétexte et référence. Selon les travaux, il a donc été tantôt question de nénuphars, tantôt de montagnes, ou d’usine, de grange, de bord de mer, de vaches, de chameaux ; mais aussi de tracer ou non le bord des formes, de maintenir ou non des stéréotypes, d’accrocher son résultat dans tel ou tel sens, de donner des indices ou de pousser au maximum la schématisation des choses, d’agir par camouflage, etc.

Voici quelques unes des œuvres analysées ensuite en classe :

autonomie de la couleur stylisation formelle indices et éléments signifiants articulation fond-forme
Vlaminck, paysage d’automne, 1905, MOMA NY vase, Mésopotamie, 4200-3800 av JC, Louvre Picasso, femme à la guitare, 1911, MOMA NY Dubuffet, le train de pendules, 1965, MNAM

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